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Le diocèse catholique latin de Sofia-Plovdiv a une
seconde cathédrale. L’évêque de ce diocèse réside à Plovdiv, deuxième
ville du pays et centre le plus important pour les catholiques de rite
latin. Ce n’est pas un hasard que ce soit justement dans cette ville,
riche d’art et de culture, carrefour entre l’Occident et l’Orient, que
l’Assomption garde encore une présence significative. Toutefois, les
catholiques bulgares rêvaient depuis longtemps d’une cathédrale à Sofia,
la capitale.
Mgr Roncalli, Délégué apostolique à Sofia de 1925 à 1935 et futur Pape
Jean XXIII, qui a laissé dans le coeur des bulgares un souvenir
inoubliable, a connu l’église St Joseph qui s’élevait à l’emplacement de
la nouvelle église-cathédrale. Celle-ci détruite par les bombardements au
cours de la Seconde guerre mondiale n’avait pu être reconstruite durant le
régime communiste. C’est grâce à l’initiative des Capucins, qui ont la
charge de la paroisse latine de Sofia, à de nombreux bienfaiteurs et bien
sûr avec la bénédiction de l’évêque (Mgr Gheorghi Iovtchev) que cette
co-cathédrale a été construite.
Dédiée à saint Joseph, elle a été consacrée par le cardinal Sodano au
cours d’une célébration qui rassemblait de nombreuses personnalités
politiques et religieuses. Parmi les premières, il faut souligner la
présence du maire de Sofia (Mr Borissov), du vice président de la Bulgarie
(Mr Marin), du Ministre chargé des Affaires européennes (Mme Kounéva,
catholique) et de nombreux ambassadeurs. Du coté religieux, il y avait les
représentants de toutes les principales confessions religieuses du pays,
notamment les orthodoxes (représentés par les métropolites Dometian et
Néophite), les musulmans, les protestants et les juifs. Les trois évêques
catholiques bulgares, Mgr Gheorghi Iovtchev, Mgr Petko Christov (évêque
latin pour la Bulgarie du Nord) et Mgr Christo Proykov (exarque
apostolique pour les catholiques de rite oriental), ainsi qu’un évêque
libanais de rite maronite et le nonce apostolique Mgr Giuseppe Leanza, ont
concélébré avec le cardinal Sodano, entourés par de nombreux prêtres
diocésains et religieux de toute la Bulgarie.
Dans
son homélie, lue en bulgare par un jeune prêtre diocésain, le cardinal a
souligné l’importance de l’évènement pour tous les chrétiens, exprimant à
plusieurs reprises son action de grâce. Un passage à souligner fut la
mention de nos trois martyrs assomptionnistes, mais malheureusement sans
que la Congrégation à laquelle ils appartenaient ne soit précisée.
L’édifice de la cathédrale se trouve en plein centre de Sofia en face
d’une autre grande ’cathédrale’ située de l’autre côté de la rue, celle de
Bulbank, l’une des principales banques en Bulgarie. Signe des temps : la
cathédrale du dieu argent rivalise avec la cathédrale du Dieu aimant
de l'homme et de la vie.
La nouvelle église-cathédrale, de style moderne, s’élève bien haut dans le
ciel.
Son aspect très élancé souligne le caractère
spirituel de l’édifice.

En entrant, ce qui frappe tout de suite c’est la
présence, derrière l’autel, d’un immense Christ en croix. Son visage
souffrant aux traits d’une personne âgée et ses grandes dimensions lui
donne un caractère imposant qui contraste quelque peu avec le sentiment
d’élévation donné par la silhouette de la cathédrale.
Il n’y a pas d’erreur possible, c’est bien une cathédrale latine. En
effet, ce qui est mis en valeur et évoqué par l’aménagement intérieur,
c’est l’expiation du péché de l’homme par la souffrance du Christ et son
amour jusqu'à la mort pour nous libérer du mal. Personnellement je trouve
ce Christ un petit peu opprimant et culpabilisant, je préfère le Christ
glorieux de la tradition orthodoxe, qui nous transfigure avec sa beauté,
mais cette impression, très subjective, ne m’a pas empêché de chanter avec
joie le ‘Mnogaia leta’ final que l’un des représentants de l’église
orthodoxe a entonné en signe de gratitude et de communion pour cet
événement joyeux et significatif pour toute l’Eglise en Bulgarie.
P. C. |