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J’espère que vous avez bien dormi malgré les
questions d’hier soir.
Est-ce qu’on peut partager ce que les deux textes nous ont dit, ou bien
sur les questions qu’on s’est posées hier soir ? Est-ce qu’on a commencé à
s’ouvrir ou bien c’est encore difficile ?
(Les réactions des unes et des autres ….)
Le thème de la retraite que j’ai choisi c’est : le péché. C’est étonnant,
n’est-ce pas ? !
Pourquoi ce thème ? Je n’ai jamais assisté à une retraite qui aurait pour
thème le péché.
Je ne sais pas si c’est votre cas aussi ? Est-ce
qu’il y des blocages sur ce thème ?
Ou bien cela ne nous intéresse pas ? Peut-être on en
a peur d’en parler ? Ou bien ce thème, peut-être, n’est plus moderne pour
qu’on en parle ?
Le péché, est-ce que cela nous ouvre ou bien nous enferme ?
Est-ce que cela nous aide à communiquer avec les
autres ou bien cela détruit toute la communication ?
Est-ce que nous péchons ? Est-ce que il est difficile de reconnaître le
péché qu’on a fait ? Pourquoi c’est difficile ?
Le péché, on le reconnaît plus facilement chez lez autres que chez soi. Il
n’y pas de problème de ce côté-là. Mais pourquoi est-ce ainsi ? Qu’est-ce
qu’il y a dans le péché qui ne nous permet pas de l’approprier ?
Bien sûr, il y des gens qui disent, peut-être nous aussi : « je suis
pécheur comme tout le monde ». Seulement en passant par les autres qu’on
arrive à reconnaître qu’on est pécheur, mais cela témoigne seulement de la
collectivité du péché, mais pas de mon péché à moi.
Les autres sont là qui m’aide à reconnaître que je
suis pécheur, mais avec eux, bien sûr, pas tout seul.
C’est intéressant cela : parfois on n’aime pas qu’on nous compare avec les
autres, mais ici, concernant le péché, on s’identifie avec les autres sans
problème : « on est pécheur comme les autres ».
Pourquoi c’est plus facile ? Est-ce que cela nous
arrange ?
Est-ce que c’est possible de passer du péché collectif au péché personnel
? Est-ce que je suis prêt à prendre la responsabilité de mon péché ou bien
je trouverai sans problème des excuses et des justifications ?
Quand est-ce que une action, un comportement, une parole, un regard, une
pensée deviennent le péché ?
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Par exemple : nous vivons, en principe, dans les communautés.
On se voit chaque jour, on se parle, on communique,
n’est-ce pas ?
C’est notre premier lieu, et le lieu fondamental de
notre vie. On vit là-dedans des jours, des mois, des années. C’est là que
se construit notre vie quotidienne.
C’est là qu’on se découvre. On ne peut pas longtemps cacher ce qu’on est.
C’est là qu’on se découvre aux autres, sans qu’on en soit conscient.
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Mais c’est là aussi l’endroit où l’on se ferme très
facilement. C’est là aussi où l’on se fait des fausses représentations des
autres et de soi-même.
Il arrive dans nos relations qu’on découvre chez moi ce que moi je ne vois
pas, ou je ne veux pas le voir. Au moins c’est cela que l’autre voit en
moi.
Mais moi aussi je découvre chez l’autre que l’autre
ne voit pas, ou il ne veut pas le voir. Alors, là se produit très
facilement la fixation d’où l’on sort très difficilement.
La conséquence d’une telle situation est qu’on se
ferme et qu’on ferme les autres. De l’extérieur on peut semblait une bonne
communauté, mais de l’intérieur cela peut ressembler plutôt à une prison,
aux cellules d’une prison.
Pourquoi est-ce ainsi ? D’où vient cette situation ? Pourquoi ces blocages
? On peut se demander aussi comment une action, un comportement, une
parole, un regard, une pensée peuvent devenir le péché. En eux-mêmes ils
ne sont pas le péché, mais, il me semble, que c’est dans l’intention de
leur emploie qu’ils deviennent le péché. Comment cela se fait ?
Pourquoi une action, un comportement, une parole, un regard, une pensée ne
peuvent pas être une grâce pour les autres et pour moi ? Qu’est-ce qui
leur enlève cette possibilité ?
Ou bien nous ne croyons pas à cette possibilité.
Nous restons enfermé. Peut-être, c’est notre tombeau. On n’est pas prêt
pour la résurrection. L’Evangile nous dit que les apôtres ont été enfermés
dans une maison. Et c’est seulement le Christ ressuscité qui les ouvre, et
les envoie vers l’extérieur, au quatre coins du monde.
Il y là, me semble-t-il une contradiction.
D’un côté le péché nous sépare, nous divise et en
même temps d’un autre côté nous unis dans cette séparation, nous tient
ensemble, dans cette isolement.
Il se trouve parfois dans nos communautés
qu’intérieurement nous sommes séparés, divisés, mais justement cette
division nous tiens ensemble. De fait si nous ne sommes pas ensemble, nous
ne serons pas séparés et divisés. Cela veut dire, peut-être que le péché
nous unis. Est-ce possible cela ?
Je ne sais pas si je me suis bien exprimé.
Ma question depuis longtemps a été pourquoi vit-on
ensemble ? Qu’elle est notre motivation de vivre ensemble ? Bien sûr, on
peut trouver des réponses convenables, mais dans la réalité, cela n’est
pas évident.
C’est la Tradition orientale qui m’a mis sur cette insistance sur le
péché.
Elle répète, que ce soit dans la Divine
liturgie ou dans les écrits des écrivains orientaux que nous sommes
fondamentalement pécheurs.
Et malgré tout cela, il n’y a pas beaucoup de gens
dans la tradition orientale qui se confessent.
Ils préfèrent plutôt jeûner que de se confesser.
Dans la Tradition Orientale, le péché est toujours rapporté à Adam et à
Eva, à l’arbre du jardin de paradis. Et la croix du Christ est cet arbre
qui nous sauve de ce premier péché, et du péché en tant que tel.
Voici ce qu’on dit dans la Divine liturgie avant la communion. Peut-être
que nous pouvons y réfléchir dans la journée.
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« Je crois, Seigneur, et
je confesse que Tu es en vérité le Christ, Fils du Dieu vivant, venu
en ce monde sauver les pécheurs, dont je suis le premier.
Je crois aussi que ceci même est Ton Corps très pur et ceci Ton
précieux Sang.
Je T‘en supplie donc : pends pitié de moi, pardonne-moi les fautes,
volontaires et involontaires, que j‘ai commises par parole et par
action, consciemment ou non. Permets-moi de communier à Tes saints
mystères sans crainte d‘être condamné, pour en retirer la rémission
de mes péchés et la vie éternelle.
A Ton mystique banquet, ô Fils de Dieu, fais-moi participer aujourd‘hui;
je n‘en révélerai pas le secret à Tes ennemis, je ne Te donnerai pas
le baiser de Judas, mais je m‘écrie avec le bon larron:
“Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans Ton royaume“( Lc.23/42 )
Qu‘elle ne tourne ni à ma condamnation ni à mon châtiment, cette
communion à Tes saints mystères, Seigneur, mais à la guérison de mon
âme et de mon corps. Amen. » |
Ce qui m’a marqué le plus, c’est la première phrase et cette expression :
venu en ce monde sauver les pécheurs, dont je suis le premier. Est-ce que
je peux accepter que je sois le premier pécheur dans ce monde, dans mon
monde ordinaire et de chaque jour ? Et encore plus : que je suis le
premier pécheur dans la communauté dans laquelle je vis.
Qu’est-ce qu’il est nécessaire pour que j’arrive à cette attitude et à
cette reconnaissance ?
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