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Mardi matin |
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Peut-être qu’on n’est pas d’accord avec cette
constatation, mais si l’on analyse nos pensées, nos regards, nos remarques,
nos gestes, on verra que c’est rempli avec pas très bienveillantes
intentions.
On dirait qu’ils ont
du poids ou bien qu’ils ne sont pas prêts à bouger. Il faut employer une
grande force pour les relever. C’est comme dans un cimetière : il y a beaucoup du monde, mais chacun est enfermé dans son tombeau. Ils sont multitude les uns à côté des autres, mais chacun reste enfermé ; pas de contact entre eux. C’est peut-être la vocation de la mort ?! On est tous ensemble, mais pas de contact.
Et cela est peut-être le signe que la mort
est présente, même si l’on vit encore biologiquement.
On
dirait qu’elle ne veut pas sortir ou bien que quelque chose la retient, ne
lui permet pas de se lever, de sortir. C’est le péché qui les tenait enfermé chacun de son côté, bien qu’ils étaient l’un à côté de l’autre. C’est intéressant, ce qui les tient ensemble c’est le péché.
Ce qui les
tient ensemble c’est ce qui les sépare. C’est curieux, ce qui nous tient
ensemble c’est ce qui nous oppose. Est-ce que c’est encore une vie ?
Peut-être cela peut se trouver dans nos communautés. Ce qui nous lie c’est
le péché.
« il montre un visage
séduisant,
mais son cœur fait la guerre ;sa parole est plus suave qu’un parfum,mais elle est un poignard.
»
«
Remettez-nous nos dettes comme nous remettons les leurs à ceux qui nous
doivent » Vous n’avez pas commis de pareilles fautes, soit ; mais il est bien d’autres sujets de péché pour l’homme : regarder avec une certaine complaisance ce qu’il n’est pas permis de voir, c’est le péché ; et il n’est pas facile de réprimer cette rapidité du regard, puisque l’œil dit-on, tire son nom de cette rapidité même. (ociter – inusité – ocius, oculus.) Maîtriser l’oreille n’est pas plus facile. Tu peux fermer les yeux quand tu veux, et c’est vite fait ; fermer les oreilles exige un certain effort ; les mains doivent intervenir ; c’est par elles que tu arrives aux oreilles, mais si quelqu’un te tient les mains, les oreilles restent ouvertes et il te faut entendre les paroles médisantes et impures, les flatteries, les tromperies. Même entendre ce qui ne convient pas, sans aller jusqu’à le faire, n’est-ce pas déjà pécher par l’oreille ? Tu écoutes avec plaisir des propos mauvais, et que de péchés ne commet pas une langue venimeuse, péchés si grands parfois qu’ils interdisent aux chrétiens l’accès de l’autel, comme par exemple les blasphèmes, sans compter un flux de paroles dont la frivolité le dispute à l’inconvenance. Et à supposer que la main ne fasse aucun mal, que le pied ne donne son concours à aucune œuvre mauvaise, que l’oeil ne se délecte pas de spectacles lascifs, que l’oreille ne prête aucun complaisance aux paroles honteuses, que la langue enfin s’interdise tout propos déplacé, et les pensés, qui donc est capable de les brider ? Ah ! mes frères, la plupart du temps, au milieu même de nos prières, des pensées étrangères viennent soudain nous faire oublier Celui devant qui nous nous tenons, Celui devant qui nous sommes prosternés ! Cette multitude de petites fautes, à force de s’amonceler contre nous, ne nous accableront-elles pas ? Peu importe que tu sois accablé sous du plomb ou sous du sable ! Le plomb ne fait qu’une masse. Le sable est composé de petits grains, mais leur abondance peut t’écraser. Petites sont mes fautes, dis-tu.
Mais ne vois-tu pas qu’une infinité de petites gouttes remplissent
les fleuves et font crouler les terres ! Les fautes sont petites ; peu
importe si elles sont nombreuses. » |