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Mercredi soir |
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J’espère que vous avez bien médité sur le passage d’Evangile de ce matin et
que vous avez pu rentrer chez vous ? Il est présent dans beaucoup de choses de notre vie quotidienne.
Souvent on n’est même pas conscients
qu’on a fait des gaffes. «Il dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : «Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. » Et le père leur partagea son bien.
Peu de jours après, rassemblant tout
son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son
bien en vivant dans l'inconduite. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait.
Et ils se
mirent à festoyer. Celui-ci lui dit : «C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il l'a recouvré en bonne santé. » Il se mit alors en colère, et il refusait d'entrer.
Son père sortit l'en prier. Mais il répondit à son père : «Voilà
tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes
ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec
mes amis ; et puis ton fils que voici revient-il, après avoir dévoré ton
bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras ! » Qu’est-ce qui nous dit ce passage ? Il y a beaucoup de questions qui se posent dans la lecture de cette histoire. Quelque chose de premier à constater, c’est qu’il s’agit d’une famille.
Il y a un père et ses deux
fils. Et ces deux fils sont des frères entre eux. On dirait que c’est une
communauté. Les deux fils sont étonnés de son attitude qui est incompréhensible pour tous les deux. Peut-être que là se cache justement la grandeur de Dieu. Par son attitude il dépasse notre compréhension limitée. Il peut nous sembler scandaleux ce que fait ce Père : à un fils qui a gaspillé dans une vie irréfléchie, désordonnée tout ce que ce père lui a donné, lui, il court pour l’embrasser : « Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement. » Il lui fait un festin, il est dans une grande joie : «Vite, apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! » Et ils se mirent à festoyer. » Est-ce que c’est normal de sa part ? Est-ce que c’est compréhensible de notre part ?
Quel accueil nous faisons aux frères et aux
sœurs dont nous ne sommes pas très contents dans leurs comportements ? Il revenait justement pour chercher un peu du vivre, dans la condition de quelqu’un qui est le dernier. Dans quel esprit il revient vers son père ? Pour cette rencontre avec son père il se prépare à ce qu’il va lui dire. Il se disait : « Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père j'ai péché contre le Ciel et envers toi ; je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes mercenaires. » Et on a vu ce qui lui arrive chez son père. Il est certain qu’il ne comprenait pas ce qui lui arrive.
Il attendait
peut-être des reproches, des critiques, des punitions, des conditions
difficiles de vie, des humiliations, et de cela rien du tout. Au contraire,
c’est la joie pour son père et ses convives. Le père, dans ses yeux, traite son autre fils, pas seulement pareillement comme il traite lui, mais encore mieux que lui. Est-ce que c’est normal, est-ce que c’est juste ? Est-ce que pour nous aussi quelque chose de pareille est admissible ? N’est-ce pas que la réaction du fils plus âgé est quelque chose de normal ?
Il dit à son père : «Voilà tant
d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes
ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec
mes amis ; et puis ton fils que voici revient-il, après avoir dévoré ton
bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras ! »
Est-ce que son père est aveugle ? nous ?
Est-ce que nous accepterons un tel Dieu ? Est-ce
qu’il serait compréhensible pour nous ? C’est lui qui fait le premier pas et envers l’un et envers l’autres. Au retour du fils prodigue, nous dit l’Evangile, « Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement ». Au retour du fils aîné, celui-ci refuse d’entre, et l’Evangile nous dit que « Son père sortit l'en prier. »
On le critique beaucoup, mais lui, il n’a pas de parole dure et
déstabilisante. Mais pourquoi on ne voit pas sa grandeur dans son
comportement ?
Lorsqu’il s’en approcha, plus tard, pour fouiller ses poches en quête de butin, il y découvre la photo d’une femme avec une adresse au verso.
Pris de remords, il conserve
précieusement la photo et écrivit dès la fin de la guerre à cette femme.
‘Pardonnez-moi, dit-il, je suis chrétien, et comme soldat durant la guerre,
j’ai tué quelqu’un qui vous est cher.’ Il reçu peu de temps après la réponse
suivante : ‘L’homme que vous avez tué était mon fils cadet. Je suis aussi
chrétienne et vous invite à venir partager un repas avec nous, comme si vous
étiez mon fils’ ». |