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15 septembre 07
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A la découverte de l’Assomption en Orient
La session de découverte de la mission d’Orient a rassemblé quarante sœurs
et frères de douze pays à Plovdiv en Bulgarie, pendant trois semaines.
C’est dire que le groupe ne passait pas inaperçu, en particulier nos
frères et sœurs d’Afrique et d’Asie ! Organisé par le Conseil Général des
Augustins de l’Assomption, il s’est enrichi des sœurs Oblates, dont
beaucoup de sœurs préparant leurs vœux perpétuels.
Merci Seigneur pour le travail d’organisation
de ceux qui ont porté la responsabilité de cette session, en premier lieu
le P. André Brombart au Conseil Général, le P. Julio Navarro, le P.
Bernard Le Leannec – délégué de la Province de France pour la mission d’Orient,
sœur Bernadetta au Conseil Général des Oblates, les sœurs Anna et Eugenia
de la communauté oblates de Plovdiv, les P. Petar, Claudio et Daniel de la
communauté assomptionniste de Plovdiv.
Merci Seigneur pour l’organisation de ce
stage dans un lieu de la mission d’Orient.
Merci d’avoir pu vivre cette session entre
frères et sœurs.
Merci de nous avoir rassemblés de tant de
provinces et de pays, merci pour la prière multicolore,
merci pour ces trois semaines ensemble.
Merci Seigneur pour les frères et les sœurs
qui ont vécu en Orient, merci pour leurs vies données.
Merci pour les frères et les sœurs qui ont
refondé nos communautés, - celles et ceux qui ont porté l’épreuve du
communisme et qui déjà âgés ont voulu recommencer à vivre en communauté, -
celles et ceux qui sont venus de l’étranger.
Merci pour la qualité des interventions, pour
la passion des intervenants.
Merci Seigneur pour les petites mains
invisibles qui ont préparé tous les jours nos repas, qui ont entretenu la
maison et le linge – Lubcho, nos deux cuisinières Tzvetanka et Pepa, Eynar,
Boris, Girgana, ainsi que nos frères et sœurs de Plovdiv.
Merci Seigneur pour celles et ceux qui nous
ont accueillis, Mgr Christo responsable de l’Eglise Catholique Orientale
de Bulgarie, Mgr Georgi évêque latin de Plovdiv, le Père Evlogi higoumène
du monastère de Rila, les habitants du petit village de Pokrovan dont la
rencontre reste pour nous inoubliable, les communautés chrétiennes de
Kouklen, de Wakoski, les sœurs eucharistines à Sofia, les sœurs de Mère
Teresa à Plovdiv.
Pardon Seigneur pour notre négligence de
cette mission, de nos frères et sœurs en Orient.
Pardon Seigneur pour notre oubli de l’Orient,
de ses Eglises, de nos frères catholiques orientaux, de nos frères
chrétiens orthodoxes.
Pardon pour notre négligence des dons que tu
fais à toute ton Eglise dans les Eglises d’Orient.
Pardon de ne pas accueillir le désir de l’unité
que tu as donné à nos congrégations, dans nos communautés, dans notre
travail, dans notre prière.
Pardon pour nos manques d’attention à ton
Esprit Saint.
Pardon Seigneur pour nos découragements et
nos satisfactions faciles – la force de la foi et la sève qui coulent dans
les communautés chrétiennes que nous avons rencontrées nous interpellent.
Pardon Seigneur pour notre oubli de la vie
donnée de nos frères et sœurs en Orient, et en particulier pardon pour
notre oubli de nos trois frères bulgares martyrs, Pavel, Kamen et Josaphat.
S’il
te plaît Seigneur, que la mission d’Orient nous devienne
suffisamment proche pour nous stimuler dans nos engagements.
S’il te plaît Seigneur, que nos congrégations
restent fidèles à cette mission que tu leur as confiée, qu’elles avancent
résolument sur le chemin d’humilité et de foi qui la caractérise – c’est
ton chemin, Seigneur.
S’il te plaît, que grandisse notre affection
pour les Eglises d’Orient et pour leurs peuples.
S’il te plaît, lie-nous aux communautés
chrétiennes, aux frères et aux sœurs que nous avons rencontrées ici, que
nous portions dans notre prière ton souci et ta sollicitude pour eux.
S’il te plaît, renforce en nous la certitude
que la mission de nos congrégations en Orient suit ta volonté, donne-nous
la force de partager cette conviction et d’appeler à ton service.
S’il te plaît Seigneur, fais grandir, fais
brûler en nous le désir de l’unité.
S’il te plaît Seigneur, fais-nous porter un
regard de foi sur l’histoire de nos congrégations, nous croyons que tu
nous rencontres dans cette histoire, aide-nous à en être les héritiers.
« Seigneur, Toi qui bénis ceux qui Te bénissent et
sanctifies ceux qui mettent leur confiance en Toi, sauve Ton peuple et
bénis Ton héritage. Garde la plénitude de Ton Eglise ; sanctifies ceux qui
aiment la beauté de Ta maison et glorifie-les en retour par Ta divine
puissance. Ne nous abandonne pas, nous qui espérons en Toi.
Donne la paix au monde, à Tes Eglises, aux prêtres et à tout Ton peuple.
Car toute grâce et tout don parfait viennent d’en-haut et procèdent de Toi,
Père des lumières. Et nous Te rendons grâce et nous T’adorons, Père, Fils
et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.
Amen. »
Divine Liturgie de S. Jean Chrysostome
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14 septembre 07
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OTCHE
YOSSIF
Otche Yossif – le Père Yossif – est
devenu peintre.
Il était prêtre catholique latin
dans un gros village de quelques milliers d’habitants à une quinzaine de
kilomètres de Plovdiv. Quand arriva le communisme, comme un long, un
interminable hiver, le Père Yossif est devenu peintre. Non sous la
contrainte du régime ou pour gagner son pain. Il croyait au printemps, il
croyait à la vie, parce qu’il savait qu’elle est un don de Dieu et que
Dieu ne revient pas sur ses promesses. Alors le Père Yossif commença à
repeindre l’église de sa paroisse : le plafond en bleu ciel, avec de
légers nuages blancs, les murs en vert, une couleur de feuilles nouvelles,
et sur tous les murs de grandes fresques présentant des scènes de l’Evangile
et de l’histoire d’Israël. Puis il peignit l’église du village voisin. Et
ainsi de suite : on dit qu’il a repeint toutes les églises latines de
Bulgarie.
Le catéchisme était interdit, les
réunions publiques surveillées, vivre était difficile: dans ses églises,
il faisait toujours beau. Notre histoire est un parcours dans la vie de
Dieu. Une vie cachée, une vie combattue parfois, une vie qu’on peut même
croire vaincue. Mais Dieu vit dans notre histoire comme une invincible
espérance. |
13 septembre 07
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UNITATE ! UNITATE !
Lorsque Jean Paul II s’est rendu en Roumanie en mai 1999, les relations
entre l’Eglise Catholique et l’Eglise Orthodoxe de Roumanie étaient
difficiles.
Quelques années auparavant, les diocèses catholiques
devaient publier des brochures pour affirmer que les catholiques étaient
bien roumains.
Mais un événement aussi inattendu qu’exceptionnel se
produisit.
La journée avait vu se succéder la Divine Liturgie
puis la messe latine, le pape et le patriarche orthodoxe étaient présents
à l’une et à l’autre.
Jean-Paul II prononçait un discours sur une grande
place de Bucarest en présence du patriarche, quand un cri s’éleva avant d’être
repris par la foule : « unitate ! unitate ! ».
Unité. Unité dans l’Eglise, mais pas seulement : les
querelles religieuses, les différences entre les régions, les questions
posées à l’identité nationale blessaient le pays.
Le désir d’unité est inséparable de la paix du Christ à laquelle nous
avons tous été appelés pour former en lui un seul corps, - une paix qui
exige l’effort de la réconciliation, qui demande la miséricorde. Le désir
de l’unité ne vit pas en Orient comme dans quelque écosystème particulier.
Il est aux racines de la foi chrétienne.
Dans nos congrégations, il coule dans la sève
augustinienne de notre vie commune ; il s’est exprimé dans la mission d’Orient.
Nous avons à recueillir en nous le désir de l’unité et à le cultiver. Il
est un trait essentiel de l’identité de nos congrégations, un don qui leur
a été fait par le Seigneur.
Car ce désir est celui du Père, c’est celui du Fils,
et c’est celui de l’Esprit Saint. Il prendra forme dans le contexte de vie
qui est le nôtre. Comme nous le rappelait sœur Felicia, provinciale de
Roumanie, il concerne tout autant la vie commune que les relations entre
les Eglises : « l’œcuménisme commence à la maison ».
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12 septembre 07
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LE TEMPS DES QUESTIONS
Au début de cette dernière semaine de notre session, nous avons pris le
temps des questions. Comment comprenons-nous la mission d’Orient, ses buts
et ses engagements ?
Nous sentions-nous concernés par cette mission de nos
deux congrégations ?
La mission d’Orient a pris pour nous un visage, et ce
visage ne laisse pas indifférent.
Visage ou icône du Christ ; il faut aller jusque là
tant les traits que présentent la mission d’Orient sont profondément
évangéliques.

Cela est une expérience difficile à partager, mais tous,
nous savons que le Christ agissant au cœur de nos vies et au cœur de l’histoire
donne à celles-ci, parfois, les traits uniques de son visage.
Qui donc est cet homme qui nous entraîne vers Jérusalem en nous annonçant
sa passion ?
Est-ce lui le sauveur, le plus beau des enfants des
hommes que nous attendons ?
Lui dont les paroles troublent et donnent la force de
partir à sa suite ?
Lui qui n’a rien pour séduire et qui pourtant nous
attire ? Nos prédécesseurs ; frères et sœurs, ont reconnu le Christ dans
ces pays et ces Eglises d’Orient. Sans cela, ils ne seraient pas partis ou
ils ne seraient pas restés. Qu’en sera-t-il pour nous ?
Face aux appels de la mission d’Orient, nous sommes un
peu comme les disciples à la suite du Christ : au fil de sa découverte,
c’est maintenant le temps des questions, mais nous avançons.
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11 septembre 07
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Panorama de la
mission
Le panorama que nous avons fait des pays de la mission d’Orient a fait
ressortir un trait étonnant. Du fait de la mondialisation, des
communautés chrétiennes étrangères sont de plus en plus nombreuses
dans certains pays orthodoxes.
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C’est notamment le cas en Grèce, les
catholiques ne représentent que 0,5 % de la population grecque,
mais entre 2 et 3 % si l’on compte les catholiques d’origine étrangère immigrés en Grèce. C’est aussi le
cas à Moscou où la paroisse de Saint Louis des Français accueille
des vietnamiens, nombreux à émigrer à Moscou.
Les communautés de la mission d’Orient rassemblent des frères et
des sœurs de différents pays voire de plusieurs continents.
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communauté de Moscou en 2005 |
L’histoire montre que nos communautés en
Orient ont toujours été internationales. Mais aujourd’hui, plus qu’hier
sans doute, ce trait peut être un signe visible que la communion dans
la diversité est possible ; ou au moins, qu’elle vaut la peine d’être
recherchée. Cela peut être un signe vivant de catholicité.
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10 septembre 07
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LE TEMPS DES
QUESTIONS
Au début de cette dernière semaine de notre session, nous avons pris
le temps des questions. Comment comprenons-nous la mission d’Orient,
ses buts et ses engagements ?
Nous sentions-nous concernés par cette mission
de nos deux congrégations ?
La mission d’Orient a pris pour nous un visage,
et ce visage ne laisse pas indifférent.
Visage ou icône du Christ ; il faut aller jusque
là tant les traits que présentent la mission d’Orient sont
profondément évangéliques.
Cela est une expérience difficile à partager,
mais tous, nous savons que le Christ agissant au cœur de nos vies et
au cœur de l’histoire donne à celles-ci, parfois, les traits uniques
de son visage.
Qui donc est cet homme qui nous entraîne vers Jérusalem en nous
annonçant sa passion ?
Est-ce lui le sauveur, le plus beau des enfants
des hommes que nous attendons ?
Lui dont les paroles troublent et donnent la
force de partir à sa suite ?
Lui qui n’a rien pour séduire et qui pourtant
nous attire ?
Nos prédécesseurs ; frères et sœurs, ont reconnu
le Christ dans ces pays et ces Eglises d’Orient. Sans cela, ils ne
seraient pas partis ou ils ne seraient pas restés.
Qu’en sera-t-il pour nous ?
Face aux appels de la mission d’Orient, nous
sommes un peu comme les disciples à la suite du Christ : au fil de sa
découverte, c’est maintenant le temps des questions, mais nous
avançons.
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9 septembre 07
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RETOUR AUX
SOURCES
Imaginez un haut lieu de votre Eglise devant lequel une file de
cinquante mètres attend.

Au monastère de Bachkovo, une des trois sources
de l’orthodoxie en Bulgarie, c’était le cas ce dimanche. La file
aboutissait dans l’église au centre du monastère, devant une icône de
la Mère de Dieu. Un homme s’avance devant l’icône, hésitant, sans trop
savoir quoi faire, enfin il caresse l’icône de la main, il se signe et
s’écarte.
Touriste ? Fidèle ? A Bachkovo, cette frontière bouge. En couple, en
famille, on se presse ce dimanche pour visiter un haut lieu de l’histoire
et de l’identité bulgares, mais c’est aussi la foi orthodoxe que l’on
rencontre. Pour cet homme mal habitué à la vénération des icônes, ce
fut peut-être comme un retour aux sources.
JEAN XXIII
Quand Mgr Roncalli arrive en Bulgarie en 1925, la situation de l’Eglise
catholique byzantine comme celle de l’ensemble du pays est dramatique.
La Macédoine est prise par la Grèce et le sud de la plaine de la
Thrace est retourné à la Turquie.
Les
refugiés bulgares sont très nombreux ; à cette époque, la moitié
peut-être des fidèles de l’Eglise catholique byzantine sont des
réfugiés. En un an, il va aider l’Eglise à se réorganiser : des trois
diocèses, il forme un exarcat – une unité, une Eglise – et il favorise
la nomination du premier responsable de cette Eglise, Mgr Kiril
Kourtev.
La naissance de l’Eglise uniate de Bulgarie avait été un mouvement
vers Rome. Mais voici qu’avec Mgr Roncalli c’est Rome qui vient vers
les fidèles catholiques de Bulgarie. Et Rome a le visage souriant de
cet homme qui aime la rencontre, fidèle en amitié. Pour cette Eglise,
son attachement à Rome et la fidélité à son identité ont pris les
traits de Jean XXIII.
Au sortir du communisme, l’Eglise avait été terriblement ébranlée. Il
y avait des hommes pour relever l’exarchat, mais pas de bâtiment :
c’est dans la première résidence à Sofia de Mgr Roncalli que l’exarcat
se réinstalla. C’est aussi sur un terrain qu’il avait acheté à Sofia
que les sœurs eucharistines bulgares purent construire un nouveau
couvent et une nouvelle église après la spoliation de leur première
maison. Un terrain où poser ses deux pieds et le souvenir vivifiant de
ce serviteur de Dieu ont aidé ces hommes et ces femmes à se relever.
Et sa prière les soutient.
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8 septembre 07
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LA SPLENDEUR DE
LA RENCONTRE
Elles viennent de se réveiller. Les voilà devant la porte, leur lampe
à la main, toutes jeunes dans leurs habits de fête. Elles ont du
ajouter de l’huile car la lumière de leurs lampes fait briller leurs
visages. Elles attendent, et la joie et la paix montent dans leurs
cœurs.

Dans la nuit, on voit l’éclat de la noce qui
avance et on entend les chants de fête qui annoncent l’époux.
Aujourd’hui, c’est la Nativité de Marie, nous avons décidé de la fêter
avec nos frères orthodoxes. Par petits groupes, nous étions répartis
entre différentes églises de Plovdiv. Lorsque nous sommes entrés dans
la petite église orthodoxe où nous allions, nous sommes entrés dans la
lumière et les chants. Nous déposons chacun un petit cierge au fond de
l’église, et nous nous tournons vers la porte au centre de l’iconostase.
Les chants du chœur à la tribune de l’église et les chants des prêtres
de l’autre côté de l’iconostase ne cessent pas. L’église se remplit
peu à peu, on se serre pour libérer le passage à la Parole de Dieu
puis aux offrandes qui sortent en procession de l’iconostase avant d’y
retourner par la porte centrale. On l’attend, et on sait au plus
profond de soi qu’il nous attend, depuis toujours, et que lui le
premier nous a aimés.
Dans l’histoire d’un peuple ou dans l’histoire d’un homme, un jour,
Dieu nous a rencontrés, et ce jour rayonne encore. Nos frères
orthodoxes célèbrent le souvenir de cette rencontre. Dieu et l’homme
se désirent, s’attendent, s’appellent et se rencontrent en Jésus
Christ et dans son Eglise. Notre foi est née de cette rencontre. Elle
est aussi le fil rouge de nos vies. Puissions-nous ne jamais oublier
la splendeur de la rencontre
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7 septembre 07
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Là où est ton
trésor
Les communautés des frères et des sœurs à Plovdiv se trouvent dans le
même quartier que deux universités – dont l’une est l’ancien collège
Saint Augustin. La reprise des cours approche et on voit de plus en
plus de belles jeunes femmes et de jeunes hommes athlétiques passer
dans les rues. Ils sont nombreux aussi dans le centre ville, animé et
commerçant – puis une question vient à l’esprit : où sont les
personnes âgées ? Elles qui sont parmi les plus pauvres en Bulgarie.
Jeunesse et canon de la beauté ; vieillesse et marginalisation. « Là
où est ton trésor, là est ton cœur. »
Le Père Galabert a côtoyé dans la Bulgarie des années 1860 les plus
puissants et les plus faibles ; son journal nous le montre reçu par
des notables et quelques jours après visitant un village éloigné.
Quelle liberté ! Le Père Pie Neveu, encore novice, demandait en 1896 à
partir en Russie, en disant qu’il « appartenait de fait et de droit au
rite latin mais qu’il était de cœur et de désir du rite slave ». On
sait comment il est resté dans ce pays pendant la révolution
bolchévique, la guerre civile, le communisme. Le Père Sévérien
Salaville a profondément étudié les liturgies orientales dans les
années 1920-1940 ; en étudiant les liturgies de l’eucharistie, il a pu
montrer que des oppositions considérées comme traditionnelles entre
les traditions orientales et la tradition latine, cachaient en fait de
profonds points communs. Tous avaient leur trésor dans le règne du
Christ, et lui a dilaté leur cœur.
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6 septembre 07
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A MI PARCOURS
Au contraire du Tour de France, pas de grupetto
lâché dans les rudes pentes des cols byzantins, au milieu de notre
Tour de la Mission d’Orient. Nous avançons ensemble.

Il faut dire que notre chemin a été bien préparé :
nous sommes entrés par la porte humble de la réalité vivante, et
modeste, de l’Eglise catholique byzantine en Bulgarie.
L’accueil de nos frères et de nos sœurs à
Plovdiv est remarquable, et chacun se sent ici chez soi. Bien sûr, le
mélange des langues donne parfois à notre assemblée un air de Babel ;
mais aussi de Pentecôte lorsque s’élève dans l’Eglise un chant
français, swahili ou espagnol au seul Seigneur. Un chœur de sœurs
congolaises au cœur de la divine liturgie : quel beau résumé de notre
présence ici !
La fatigue commençait à se faire sentir : nos
frères chiliens ont introduits entre les conférences de petits chants
joyeux où l’on se donne la bénédiction à larges embrassades, où
l’esprit et le corps se réveillent ensemble.
Nous rendons grâce à Dieu pour tout cela : il nous accueille dans la
seule terre qui soit à tous, celle de l’amitié, celle de l’accueil de
l’autre, celle de la confiance – la terre que son Fils nous a donnée.
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5 septembre 07
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QUE VEUX-TU QUE JE FASSE POUR TOI ?
Figures de la mission d’Orient, le Père Pavel
Christoff Portalier et le Père Louis Petit étonnent par leur sens du
besoin de l’autre. Le Père Christophe Portalier s’était fait bulgare
parmi les bulgares, jusqu’à changer de nom. Le temps était à la
guerre, les crises successives dans les Balkans masquaient sous les
enjeux politiques la situation réelle.
Le Père Pavel Christoff attira l’attention sur
la détresse du peuple. Il essaya de mieux le faire connaître: de lui
donner un visage d’hommes et de femmes, au-delà de tous les débats
politique et religieux. Le Père Louis Petit arriva à Istambul à la fin
du 19° siècle, sur le site de l’ancienne Chalcédoine, occupé alors par
un quartier musulman.
Cette fondation devait être un séminaire pour
prêtres grecs et bulgares en vue de ramener leurs communautés vers l’Eglise
catholique.
Entre la mythique Chalcédoine de l’Eglise
indivise et l’Istambul musulman qu’il découvrait, le Père Louis Petit
comprit l’importance décisive de la période médiévale.
Pour rapprocher les Eglises orientales de Rome,
il fallait partir à la recherche du christianisme byzantin qui avait
dessiné leur identité. Son intuition fit naître l’Institut des Etudes
Byzantines qui, pendant un siècle, explora cette période mal connue de
l’histoire du christianisme.
Travail providentiel !
Car, après les années de destruction de la
mémoire et du patrimoine orthodoxes par les régimes communistes, les
Eglises d’Orient trouvèrent une aide précieuse dans ce travail pour
renouer avec leur passé.
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Cette question de Jésus est au cœur de la
mission : non plus ce que je veux faire, mais ce que tu veux pour toi.
C’est un renversement.
Le besoin de l’autre dépouille, et le don
véritable devient possible : un service qui conduit celui qui se donne
loin, très loin sur le chemin du Christ
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4 septembre 07
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PARFUM D’ORIENT
Le Père Jean-Paul Périer-Muzet nous a retracé l’histoire
de la mission d’Orient, une histoire d’hommes et de femmes que la
grande Histoire est venue bouleverser.
« Il était une fois un homme travaillé par le Christ… »
Les histoires de mission commencent ainsi, tant
elles reposent au début sur l’engagement d’un homme.
Pour nous, ce fut le Père Victorin Galabert qui
se donna entièrement au petit peuple au sein duquel il avait été
accueilli en 1862.
Les premiers frères et les premières sœurs ne
furent pas bien nombreux, mais leur histoire en Bulgarie est une
histoire évangélique qui s’écrivit dans les soubresauts de l’indépendance
bulgare, au milieu des divisions politiques et religieuses.
En suivant cette seule ligne que « ce qui
rapproche, c’est la charité », ils ont accueilli sans distinction dans
leurs écoles bientôt transformées en hôpitaux par la guerre et les
épidémies.
En 1880, les communautés et les religieux présents en Orient se
comptaient sur les doigts des deux mains.
Ce fut le Père Picard qui développa
considérablement la présence de l’Assomption en Orient.
Le principe de la collaboration entre oblates et
assomptionnistes ainsi que la croissance des effectifs permirent de
nombreuses fondations : aux deux communautés de Plovdiv et Andrinople
s’ajoutèrent trois nouvelles communautés de frères en Bulgarie, et
douze communautés en Turquie sans compter les fondations à Jérusalem
et en Russie !
Présentes dans l’éducation, la formation du
clergé, les pèlerinages, la presse, la santé, les orphelinats, les
deux congrégations s’enracinèrent en Orient. Et les effectifs étaient
jeunes ; pour éviter le service militaire récemment imposé aux
religieux, nombre de jeunes religieux firent ainsi pacifiquement leurs
« premières armes » en Orient.
Mais la première guerre mondiale ravagea cette partie de l’Europe.
En 1918, la mission d’Orient était brisée : la
révolution bolchevique marquait un coup d’arrêt ; la Turquie durement
éprouvée rompait sous la conduite d’Ataturk avec sa tradition
séculaire de cohabitation entre peuples et religions.
La mission d’Orient se recentra sur les Balkans
; un grand travail de recherche fut fourni dans l’entre-deux guerres
aux Echos d’Orient et à l’Institut d’Etudes Byzantines.
La deuxième guerre mondiale puis l’établissement
de régimes communistes dans les Balkans détruisit la mission d’Orient
: une poussière des frères et de sœurs entra dans la clandestinité,
unis aux épreuves de leurs pays et de leurs églises.
Aujourd’hui la mission d’Orient est en cours de refondation. Mais
autour de notre présence modeste flotte comme un parfum d’Orient.
On le sait tenace, fort, pénétrant.
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3 septembre 07
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L’EMMANUEL
Une jeune maman et son petit
garçon se tiennent devant l’icône de la Mère de Dieu. Elle porte son
enfant au bras, et il se penche vers l’avant, la main tendue, tout
joyeux. Elle murmure quelques mots et la voix claire de son enfant
éclate joyeusement. Elle l’incline vers l’icône, pour qu’il y appuie
sa main. Puis l’enfant se redresse et lance sa main vers l’icône
voisine. La jeune mère se déplace.
L’icône de la Mère de Dieu se
trouve juste à côté de la porte qui ouvre l’iconostase ; à son bras,
elle porte l’Emmanuel – ni vraiment un enfant, ni vraiment un adulte,
un fils d’homme fragile, au visage plein de joie et de gravité. Cette
certitude que Dieu s’est fait l’un de nous est au cœur de la tradition
orientale. Dans chaque pays de cette Europe de l’Est, l’Eglise a été
pendant des siècles ce signe de la fidélité de Dieu, ce point ferme
dans le tourbillon de l’histoire. Cette proximité de l’Eglise avec son
peuple a pris au dix-neuvième siècle la forme d’Eglises nationales :
un peuple, une culture, une Eglise, une structure ecclésiale. C’est
ainsi que Didier Rance résume la doctrine dominante aujourd’hui en
Europe Orientale. Et certaines Eglises cherchent parfois auprès du
pouvoir politique une position privilégiée ou bien défendent ce
qu’elles considèrent être des droits que leur passé de service et de
fidélité leur aurait acquis : on s’interroge en hauts lieux sur
l’identité nationale de tel groupe ou de telle Eglise.
Mais ce n’est pas à la cour
d’Hérode que Dieu s’est donné à nous. Dieu s’est donné à nous au cœur
de la vie la plus simple, dans une famille, dans un village, à la
hauteur d’un enfant. N’oublions pas l’Emmanuel !
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2 septembre 07
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POKROVAN
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Pokrovan est un petit village à trois heures de route de
Plovdiv, dans les montagnes qui séparent la Bulgarie de la Grèce.
A la fin du dix-neuvième siècle, ce village était sous la double
domination ottomane et grecque ; même dans la liturgie, l’influence
grecque se faisait sentir. L’Eglise catholique byzantine apparut
un espace de liberté : on pouvait prier en bulgare, selon son rite,
et l’Eglise en Bulgarie était dirigée par un évêque bulgare. A
Pokrovan, tout le village devint catholique. |
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Quelques années plus tard, le pouvoir ottoman favorisa la création
d’un patriarcat orthodoxe pour la Bulgarie : les raisons de devenir
catholiques étaient moins fortes. De plus, l’appartenance à l’Eglise
catholique rendait la vie quotidienne plus difficile. Le premier
évêque fut enlevé, le deuxième empoisonné. Mais le village de Pokrovan
restait fidèle à son choix.
Au début du vingtième siècle, Pokrovan se trouva pris dans les enjeux
géopolitiques suscités par l’affaiblissement de l’empire ottoman. Il y
eut la première guerre balkanique : les peuples sous pouvoir turc
repoussaient les armées ottomanes ; la Bulgarie s’y illustra. Mais les
alliés d’hier se déchirèrent le lendemain et la Bulgarie fit les frais
de l’appétit de ses voisins. Dans ce contexte, l’armée turc tua tous
les hommes de Pokrovan dans l’église catholique, avant d’y mettre le
feu. Village martyr, Pokrovan se releva de ses cendres, une nouvelle
église fut construite et le nonce en Bulgarie, Mgr Roncalli, vint la
bénir.
Dans le tout nouvel état bulgare, Pokrovan restait un village reculé
dans les montagnes. Cette situation fit que le pouvoir communiste
transforma cette région en lieu d’exil : la route de Pokrovan disparut
des cartes, les barrages et les postes de police en interdisaient
quasiment l’accès. Durant toutes ces années, des pères
assomptionnistes et des sœurs eucharistines aidèrent la communauté à
continuer de vivre dans la foi, à célébrer la résurrection du Christ
au milieu d’années de ténèbres.
Nous sommes tous allés à Pokovan aujourd’hui. Jour de fête pour tout
le village et pour nous.
Les fruits de la foi ne se voient pas à part des hommes et des femmes
qui vivent la foi et en deviennent des témoins. A Pokrovan, on sent
avec plus de force que Dieu s’est fait homme et que sa fidélité s’enracine
en chacun de nous.
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1 septembre 07
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QUI SUIS-JE ?
Je suis né dans un petit peuple, dans une région du monde où tant de
peuples sont passés, se sont mélangés et affrontés. C’est sa foi et un
royaume qui ont fait l’unité de mon peuple. Il a été autrefois
indépendant, mais depuis longtemps il vit sous la domination de
grandes puissances étrangères, tantôt l’une, tantôt l’autre. Et sa
mémoire est douloureuse. Il a souvent essayé de retrouver son
indépendance, mais sans succès. Un grand espoir, un profond désir de
vivre l’habitent, un appétit de richesse et une grande impatience
aussi.
Je suis né en Bulgarie. Je suis né en Galilée.
Cette question « Qui suis-je ? » est aussi incontournable que
dangereuse dans nos pays. Une réponse trop hâtive est souvent la
guerre, l’agression d’autrui, une nouvelle blessure dans nos histoires.
On voudrait être soi-même, enfin. Mais tant d’autres depuis les
origines de nos peuples sont liés pour le meilleur et le pire à notre
identité. C’est un tel mélange ! Comme le blé et l’ivraie dans un
champ .
Alors : Pour vous, qui suis-je ? Je ne répondrai pas seul. Pour que
nous soyons un, je m’en remets à vous.
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31août 07
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LE ROCHER ET LA SOURCE
L’image que nous avons du moine orthodoxe évoque un habit noir et une
barbe hirsute, les austérités voire les exploits ascétiques de
certains saints ermites pendant des dizaines d’années, comme sainte
Jean de Rila par exemple. Le rocher, la grotte de l’ermite, le roc du
mont Athos. On peut voir la tradition chrétienne orientale sous cet
angle-là.
Mais c’est oublier d’autres images que nous portons aussi dans notre
mémoire : la lumière des églises, la fluidité jaillissante des
coupoles, la valeur reconnue au don spirituel des larmes, l’affirmation
d’un Dieu qui recueille le désir intime de l’homme, qui vivifie et
transforme toute chose par son Esprit.
Dieu célébré, prié, aimé est Dieu qui transforme le rocher en source.
Ce Dieu si proche de son peuple qu’il cède à sa prière pour lui donner
l’eau là où il en a besoin. Ce Dieu qui transforme nos cœurs de pierre
en sources vives.
Ce soir, au cœur de la Divine Liturgie, nos sœurs congolaises ont
entonné un chant au Christ. Voilà notre Dieu : il a mis au cœur de
tous les hommes le désir de le connaître, il les rassemble par la vie
donnée de son Fils Jésus Christ en un seul corps ; son Esprit a donné
à tant de peuples de s’approprier les mots et les prières apportés par
des missionnaires étrangers – car c’est ainsi que la foi chrétienne
s’est propagée – pour le chanter, comme ce soir.
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30 août 07
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IVAN RILSKI
Ivan Rislki – Jean de Rila – est un peu le parrain de baptême de la
Bulgarie.Né à la fin du 9ème siècle peu après la formation du premier
royaume bulgare et l’arrivée du christianisme, sa vie donnée « dans la
prière, le jeûne et les larmes » a été « un fondement de conversion »,
comme le dit une prière orthodoxe en son honneur.

L’histoire de ses reliques et de ses miracles épouse
celle de la Bulgarie jusqu’à nos jours. Rila se situe dans une vallée
encaissée et dont l’accès n’est pas des plus faciles ; pourtant Rila
demeure un haut lieu de pèlerinage en Bulgarie, pèlerinage touristique et
culturel, mais aussi pèlerinage de foi.
Au-delà de la légende hagiographique, l’attachement à cet homme plus de
dix siècles après, surprend. Ivan Rislki est vénéré comme un don de Dieu.
Cette attitude des fidèles devant la prévenance de Dieu pour un petit
peuple ramène chacun aux sources de son baptême : se découvrir enfant aimé
d’un Dieu Père plein de tendresse. Comme si la foi orthodoxe gardait
vivant ce regard émerveillé d’un peuple converti, juste baptisé, qui ouvre
les yeux sur la bonté et la présence vivifiante de Dieu.
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29 août 07
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| LA PORTE ROYALE |
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Quand vous entrez dans une église orientale, vous
êtes face à un mur. Trop haut pour regarder par-dessus et impossible à
contourner. Sur ce mur de bois, les icônes ouvrent le regard à ce qui se
trouve de l’autre côté : la lumière, les visages de frères et de sœurs qui
nous accueillent. Dans ce mur, il n’y a qu’une porte qui s’ouvre pendant
la liturgie. Cette porte entre ici et l’autre côté, cette porte entre « le
ciel et la terre », cette porte par où la Parole de Dieu sort pour nous
être proclamée, cette porte par où le Corps et le Sang du Christ nous sont
partagés, c’est la porte royale : la porte de l’amour.
Notre frère Louis-Armel Pelâtre, responsable du diocèse catholique latin
d’Istambul nous a fait part de sa longue expérience de cohabitation et de
rencontre avec d’autres églises chrétiennes dans un pays musulman. Pour
passer les murs des différences, des vieilles querelles, les murs de la
langue et de la culture, il n’y a qu’une seule porte : la porte royale de
l’amour. Cela commence tout simplement : franchir la porte d’un voisin,
entrer dans l’église d’une autre confession chrétienne. « Comment
prétendez-vous connaître l’autre si vous n’allez jamais chez lui et si lui
ne vient jamais chez vous ? » Cela est aussi vrai pour notre relation à
Dieu.
Il a ouvert la porte. Prenons-la.
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28 août 07
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LE DERNIER MOT
Devant une
situation difficile, il est tentant de conclure rapidement l'analyse par
une formule abrupte, un dernier mot sans appel. Combien de fois cela
a-t-il du se passer dans l'histoire de l'église catholique byzantine de
Bulgarie, combien de commissaires politiques ont prédit sa disparition et
maintenant, que disent les statistiques qui exposent sa faiblesse?
Mais, comme nous le disait
aujourd'hui Mgr Proykov - le responsable de l'Eglise catholique byzantine
de Bulgarie: le dernier mot, c'est le mot de Dieu. Ce mot a pris chair
dans un peuple et son histoire ; le mot de Dieu sur cette Eglise tient au
cœur des hommes et des femmes de cette Eglise. C’est une histoire
biblique, comme celle d’Abraham, où la petitesse et la fragilité sont
prises dans une histoire unique, où l’on est fidèle à Dieu en accueillant
notre histoire comme celle de son alliance avec nous.
Et il en a le dernier mot.
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27 août 07
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L'église normale? |
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Un petit groupe de soeurs oblates
cherchait l'église catholique byzantine à Varna; à quelqu'un dans la rue,
elles demandent où se trouve l'église. Voyant leur voile peut-être, on
leur répond :"l'église normale?".
Oui, en effet, nous catholiques de
rites latin ou byzantin, nous ne sommes pas l'église normale en Bulgarie -
sans rien de péjoratif. Cette première journée de travail nous a bien
montré à quel point les églises d'Orient sont enracinées dans un lieu,
devenant l'Eglise d'un peuple; et en Bulgarie, l'ancienneté et le poids de
l'église orthodoxe font d'elle l'Eglise 'normale'. Quelle position pour
nos frères catholiques byzantins!
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26 août 07
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Rassemblement
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Avant que la Divine Liturgie commence, on se rassemble peu à peu dans l’église.
Des petits cierges de cire jaune sont allumés devant les icônes ; on se
tient devant elles dans une prière silencieuse ; on dépose un baiser des
lèvres ou des doigts. Puis la liturgie commence : on se confie à Dieu ; on
se laisse conduire.
Nous aussi ; nous nous sommes petit à petit rassemblés ; assomptionnistes
et oblates des quatre continents. Dès ce dimanche matin ; nous avons été
plongés dans le bain par la célébration de la divine liturgie. En confiant
ces trois semaines à Dieu ; nos découvertes ; nos rencontres et leur écho
en chacun ; laissons-nous conduire!
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