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Lettre de Frère Pie Neveu au
Supérieur de la Mission d’Orient
Lettre du 27 octobre 1896, à Phanaraki
« Au Révérend Père Alfred,
Le soussigné, novice dans la Congrégation des Augustins de l’Assomption,
appartenant de droit et de fait au rite latin mais du cœur et de désir au
rite slave, n’ayant rien trouvé à offrir en beaux vers ou en belle prose à
votre Paternité au jour de sa fête, mais voulant quand même lui donner
quelque chose, a l’honneur de se dévouer à elle, corps et âme, à la vie et
à la mort, si bon lui semble, vivre, souffrir et mourir, en travaillant à
la réunion de l’Eglise Orientale et en particulier de l’Eglise Russe, à la
Sainte Eglise Romaine et à la communion de Notre Saint Père le Pape, étant
d’abord, entièrement soumis en cela aux moindres ordres et indications des
Supérieurs selon ce que demande la sainte obéissance, n’agissant pas par
vaine gloire, ni par envie de faire un vain bruit, ni par désir
d’aventures, mais bien par la soif de faire arriver le règne de Notre
Seigneur Jésus-Christ dans cette grande et religieuse nation, ne se
cachant d’ailleurs aucune des difficultés qui surviendront certainement,
mais priant celui qui a dit :
« in mundo pressuram habebitis, sed confidite !
Ego vinci mundum » (Ioann. XVI, 33) de faire arriver au plus tôt et malgré
les obstacles de toute sorte, son règne et le règne de la vérité
catholique en Russie, confiant aussi dans l’intercession de l’auguste
Vierge Marie, reine des Apôtres, des saints Georges, Cyrille et Méthode et
dans celle de notre vénéré fondateur et Père Emmanuel d’Alzon qui a prédit
à l’Assomption qu’elle rendrait la Russie à l’Eglise romaine si elle le
voulait, étant prêt, s’il le faut et même ne demandant, qu’à être
supplicié ou à mourir exilé dans une mine en Sibérie, persuadé qu’une
cause pour laquelle on ne meurt pas est une cause perdue. Frère Pie
Neveu. »
Extrait d’une homélie de Mgr Pie Neveu
Le 3 octobre 1926 – année de son ordination épiscopale – à Moscou
« Comme nous vivons au cœur de la grande nation russe, laquelle nous offre
l’hospitalité, nous devons avoir et nous lui en avons de la reconnaissance
et nous désirons pour elle la paix, la bénédiction et la gloire de Dieu.
Nous considérons le peuple russe, uni à nous dans la même foi universelle,
comme nos frères.
Donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui
est à Dieu, aimer nos frères, bénir celui qui nous maudit, faire du bien à
celui qui nous déteste, prier pour ceux qui nous offensent et nous
persécutent – s’il y en a : voilà l’unique politique de l’évangile,
laquelle fait que nous n’avons à craindre personne et que personne n’a à
nous craindre. » |