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« Missions Des Augustins de l’Assomption » Julliet 1908 |
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YAMBOLI UN JUBILÉ D'ARGENT En cette année 1908, la mission de Yambol entre dans sa vingtième année. En effet, c'est le 19 décembre 1888 que trois Soeurs Oblates de l'Assomption venaient prendre pied sur ce sol schismatique, loin de tout centre catholique. Quatre petites chambres dans une baraque louée 4oo francs pour un an, une petite cour sans jardin, voilà l'immeuble; trois tabourets de cordonnier (les chaises étaient inconnues dans cette ville de 14 à 15 000 âmes), des caisses à pétrole servant de bureau de travail et d'armoires, voilà le mobilier. Mais, pour comble d'épreuve, pas de prêtre catholique ni en ville ni aux environs. Pendant plus d'un an, un de nos religieux venait tous les mois d'Andrinople ou de Philippopoli donner aux bonnes Soeurs missionnaires le moyen de remplir à peu près leurs devoirs de simples chrétiennes. C'est à ces temps héroïques que remonte cette naïve remarque de la première supérieure fondatrice: « Il m'a fallu étre religieuse pour manquer la messe le dimanche! » J'allais oublier, parmi le mobilier, les couchettes se composant de trois paillasses, dont la dureté est restée proverbiale dans toute notre mission d'Orient.
Les Soeurs, de trois deviennent cinq, puis sept. Un Père s'établit à poste fixe et rayonne dans les environs. Bientôt lui-même appelle du renfort, et une classe pour les garçons est ouverte. On aménage une petite chapelle gréco-slave, tout cela dans une propriété à nous, grâce aux charitables bienfaiteurs. Et le bien continue, continue à se développer, au point que maintenant nous pouvons nous réjouir un peu du résultat déjà obtenu. En vingt ans, plus de 1500 enfants sont passés par nos deux écoles, et ces enfants, s'ils n'ont pas emporté une plus grande dose de foi avec la langue et l'amour de la France, qu'ils ont appris à estimer, y ont laissé au moins une bonne partie de leurs préjugés contre les catholiques et contre l'étranger. Le seul catholique latin trouvé en l'année de la fondation a été bien multiplié au point que le petit calendrier catholique, publié à Philippopoli sous le patronage de S. Exc. M Ménini, signale cette année-ci 120 catholiques à Yamboli et dans son district. Sans vouloir empiéter sur le terrain d'autrui, Yamboli doit se féliciter aussi d'avoir préparé les voies pour la fondation de la belle mission slave de Sliven. Aujourd'hui donc, les chers bienfaiteurs de nos missions peuvent se féliciter d'avoir établi dans ce petit centre, jadis inconnu, une belle école bâtie sur un plan régulier, pour les jeunes filles, une chapelle pour la communauté des Soeurs, une belle église paroissiale latine toute neuve, une semblable pour le rite slave avec une résidence convenable pour les religieux et leur école, une communauté de 32 catholiques latins et un groupe de 20 à 25 catholiques orientaux bulgares, rien qu'en ville; un village tout entier de catholiques latins au nombre de 70 âmes avec chapelle de secours desservie par nous. N'y a-t-il pas du progrès? N'y a-t-il rien à faire en Orient et peut-on dire qu'on ne peut rien y faire? Comme nous devons remercier Dieu! Jadis vous auriez cherché longtemps et en vain encore - si vous ne saviez que le français -quelqu'un qui vous comprit, aujourd'hui, en ville, vous ne seriez pas du tout embarrassé. Le français y est tellement connu, tellement aimé, que ces derniers mois il avait été question d'établir des conférences publiques en vrai et bon français! Il y a vingt ans, l'existence de la langue française n'était mème pas soupçonnée ici, maintenant elle est devenue, même à Yamboli, obligatoire au gymnase de la ville. Nous ne craignons pas la concurrence, bien loin de là: les élèves du gymnase viennent, en dehors de leurs cours, chercher le français chez nous; et même, chose plus curieuse, le professeur de cette langue au gymnase, avant de paraître dans sa chaire, est venu parfois se munitionner chez nous!
Ne se trouverait-il pas quelque Charlot pour dire que tous ces résultats
sont dus aux professeurs de l'Alliance israélite, généreusernentpayés?
Mais qu'il veuille bien remarquer que les jeunes filles israélites ont été les plus nombreuses à fréquenter notre école française les premières années, pour la bonne raison que l'alliance israélite n'avait pas encore ouvert son école à Yamboli. Et encore maintenant, dans cette école qui prétend s'appeler école française, le français est enseigné comme simple cours de langue, comme le bulgare, le reste est enseigné en bon langage hébreu vulgaire, ou, si vous voulez, en mauvais espagnol. Et savez-vous combien le gouvernement français nous attribue d'allocation annuelle? - O. Oui, un gros zéro. Cependant, pour être juste, il faut dire que nous avons fini par obtenir de l'alliance française quelques livres de prix pour les élèves les plus méritants, et cela grâce à l'amabilité de M. le consul de France. A vous donc, chers bienfaiteurs, l'hommage de notre reconnaissance; à Dieu, nos actions de grâces! A Dieu et pour nos généreux bienfaiteurs nos prières ardentes et nos supplications; qu'ils nous aident à continuer vaillamment l'oeuvre si bien lancée et si pleine de promesses pour le succès de la bonne cause P. Barthelemy
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