Le retour de l’Assomption en Russie

 

Mon intervention tient autant du témoignage que de la contribution historique à votre réflexion sur l’aventure missionnaire de l’Assomption longue de plus d’un siècle et demi.

Le champ dans lequel s’inscrit cette réflexion sur la mission des Assomptionniste est celui de la Russie post-soviétique qui, précisément, correspond à la période d’un nouveau départ, une réorientation de l’aventure de l’Assomption dans ce vaste pays. Car le lien qui unit l’Assomption et ce pays est l’histoire d’une aventure pour ne pas dire une histoire parfois aventureuse, longue de près d’un siècle. Et je ne peux expliquer la dernière décennie de cette odyssée, sans tracer à grands traits les lignes principales de la vocation russe de l’Assomption.

 

J’ai toujours été frappée par le fait que les derniers écrits du Père Emmanuel d’Alzon consignés dans l’ouvrage du Père Sage[1] portaient sur un « projet d’évangélisation en Russie », où sont relatées les rencontres du Père d’Alzon avec le bienheureux pape Pie IX (3 juin 1862, mai 1877) qui constituent l’ordre de mission du fondateur et où est consignée cette parole fameuse : « Tôt ou tard, la Russie nous ouvrira ses portes, dussions-nous en graisser les serrures et les gonds avec notre sang ».

 

Pendant plus de vingt ans, le successeur du Père d’Alzon, le P. Picard, se nourrira de ce que l’on a appelé l’obsession de l’Assomption pour la Russie, je n’en veux pour preuve que sa correspondance d’alors avec le curé de Saint Louis de Moscou, le Père Léon Vivien. C’est le P. Picard qui, avant de mourir, envoie les premiers assomptionnistes en Russie[2]. L’aventure de L’Assomption prend alors vraiment naissance en terre russe. Toute aventure a ses pionniers, ses défricheurs, ses premiers de cordée, celle des assomptionnistes en Russie également. En l’espace de quatre ans, elle fait entrer sis religieux en Russie[3].

 

C’est l’époque de la première révolution russe où foisonnent les idées nouvelles et germe un nouvel espoir pour l’empire des tsars. Tout semble alors possible et une percée assomptionniste aussi ! L’ensemble de la mission de l’Assomption en Russie reste dominée par la figure de Mgr Pie Neveu et l’audacieuse équipée du Père Judicaël Nicolas allant d’odessa au Goulag. Ce dernier la résumera dans son livre « Onze ans au Paradis »[4]. L’œuvre exceptionnelle accomplie par Mgr Neveu à Moscou a été longuement et magnifiquement décrite dans les ouvrages du Père Antoine Wenger[5]. Les nombreux séjours de ce dernier comme conseiller ecclésiastique de l’Ambassade de France à Moscou durant cinq ans (1992-1996) furent une aide précieuse pour le re-lancement de la nouvelle implantation. Les travaux qui en ont résulté, demeurent une solide référence pour notre présence et notre enracinement dans la fidélité à notre prestigieux passé dans bien des domaines[6] .

 

Par ailleurs, l’action pastorale de près de soixante années des aumôniers assomptionnistes américains à Moscou a été rendue possible grâce aux accords conclus en 1934 entre le président Roosevelt et le ministre Litvinof et qui prévoyaient la présence d’un chapelain catholique pour le service des citoyens américains résidents à Moscou ; cette présence s’est prolongée jusqu’en juin 1999[7]. Si modeste que fut l’implantation de l’Assomption en Russie, celle-ci allait, par ce biais, être le témoin de la naissance de la révolution bolchevique et l’un de ses observateurs privilégiés durant toute la période soviétique. Avait-on vraiment songé qu’un jour nous pourrions être aussi le témoin de son désastre ? Ce sera pourtant notre inattendu destin. « Dieu attend ce mystérieux pays pour demain », disait le P. Quenard.

 

On ne choisit pas toujours, mais la Providence vous propulse parfois là où vous ne vous attendez pas. En mai 1989, je fus envoyé en Russie par le journal La Croix où je travaillais comme informateur religieux pour accompagner le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris qui effectuait son pèlerinage à l’occasion du Millénaire du baptême de la Rus’. L’Union Soviétique était alors engagé dans le processus de la pérestroïka et ses effets se faisaient ressentir dans tout le bloc de l’Est. Les signes avant-coureurs de dégel laissaient présager les premières fissures du bloc issu de la guerre froide, en Pologne, mais aussi en Hongrie ou en Allemagne. Les fêtes de Pâques russes 1989 à Léningrad sonnèrent pour moi l’heure d’un nouveau printemps tant pour l’Eglise que pour la société au sortir de l’ère soviétique.

Je m’ouvris alors au cardinal d’un rêve un peu fou de venir passer une année sabbatique au contact de l’Eglise orthodoxe russe.

Il soutiendra ce projet lors de ses rencontres avec les métropolites Pitirim au Département des Editions du Patriarcat et Philarète de Minsk, alors au Département des Affaires Extérieures. Quelques mois plus tard, j’eus l’occasion de revoir ce responsable orthodoxe à Paris. Je lui réitérai ma demande. Il me répondit que cette question ne pouvait trouver une réponse que dans le cadre du dialogue bilatéral de nos Eglises et qu’elle devait donc être appuyée par le Conseil Pontifical pour l’unité des Chrétiens.

Effectivement cette demande fut encouragée par le cardinal Willebrands, son président et son secrétaire Mgr Pierre Duprey auprès du Patriarcat de Moscou.. Dès les premiers jours d’octobre, je reçus mon invitation officielle de la part des autorités soviétiques. J’étais le cinquième prêtre catholique depuis le concile Vatican II à pouvoir bénéficier de l’hospitalité du Patriarcat de Moscou.[8] Amon arrivée à Moscou, je fus invité à me rendre à l’Académie ecclésiastique de Moscou située dans l’enceinte du grand monastère de Zagorsk (aujourd’hui Serguei Possad) à 70 km à l’Est de la capitale russe[9].

Ce fut alors le début pour moi de l’apprentissage de la langue russe dans le cadre exceptionnel de ce qu’il convient d’appeler le cœur de  l’Orthodoxie russe. Sans doute me fallait-il selon le mot du théologien Florensky … « pour comprendre la Russie, d’abord comprendre la Laure », c’est ce à quoi je m’attelai douze mois durant, avant de poursuivre ce pèlerinage russe qui en est aujourd’hui à sa douzième année. Lorsque je suis arrivé en Russie, Saint Serge fut donc mon premier guide et maître spirituel. De mon journal de l’époque, je retiens quelques phrases qui résument mes impressions d’alors : « Le christianisme oriental avec la beauté de son chant, des vêtements liturgiques, des icônes, des lumières, les parfums qu’elles dégagent mêlés à l’encens donne l’impression que c’est un christianisme qui a choisi la voie de la nostalgie des origines ». Ici, comme le souligne Ion Bria, l’orthodoxie « porte encore son habit monastique, …/…et les privations de l’ascétisme laissant des traces sur son visage temporel, le sceau de l’Esprit-Saint est parfois dissimulé par les structures visibles, comme les figures des saints sont couvertes par la fumée des cierges de Pâques ».[10] Retraite studieuse et spirituelle où m’arrivaient les échos d’un monde où se transformaient en profondeur les rapports régissant les deux parties de l’Europe. Dans les premiers temps e mon séjour, j’apprenais la chute du mur de la honte et du rideau de fer (le 9 novembre 1989) mais aussi la rencontre de Gorbatchev et de Jean-Paul II (1er décembre 1989) et la perspective de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’URSS. Mgr Francesco Colasuonno devint le premier occupant de ce poste diplomatique. Je le rencontrai dès sa nomination. A la Laure aussi durant cette année, il me sera donné d’assister aux funérailles du Patriarche Pimène et d’être là au moment où les voix du Concile se porteront sur le métropolite de Léningrad pour en faire le nouveau patriarche sous le nom d’Alexis II, alors que Boris Elsine à Moscou prenait la tête de la toute nouvelle Fédération de Russie par la voie des urnes.

 

Les nouveaux acteurs de la Russie entraient en scène. Les changements se feront aussi dans le sang, même à l’intérieur de l’orthodoxie. Il suffit d’évoquer ici l’assassinat du Père Alexandre Men au petit matin de septembre 1990 non loin du monastère où je me trouvais. Je participai à ses funérailles.

De retour en France, je demande à mes supérieurs de repartir en Russie, pour un service pastoral à Sait Louis, en accord avec le Saint-Siège. Cette année sabbatique s’était-elle avérée providentielle pour reprendre pied en Russie et desservir à nouveau Saint Louis des Français à Moscou ? Nous donnait-elle de renouer avec le passé pour repartir de plus belle ? Avec l’accord de mon provincial, je repris le chemin de la Russie à la veille des fêtes de Noël. Pour la Nativité, la foule se presse dans notre petite église Saint Louis, sombre et désolée mais restée ouverte pendante toute la période soviétique. Il y avait exactement 40 ans que le dernier assomptionniste français en avait été éloigné.[11] Cette traversée du désert arrivait-elle à son terme ? Dès avril 1991, le Saint-Siège érige deux administrations apostoliques l’une pour la Russie d’Europe et l’autre pour la Russie d’Asie. L’archevêque Thaddeus Kondrusiewicz à Moscou n’avait que deux églises l’une à Moscou, l’autre à Saint Pétersbourg.[12]Fidèle à notre tradition, le supérieur général est à Moscou en juin 1991, ses contacts aidant d’une part et d’autre part, les pressions exercées par l’ambassade de France et l’insistance du Saint-Siège feront qu’un assomptionniste soit nommé curé de l’église Saint Louis des Français, le 6 août 1991, à quelques jours du coup d’Etat[13].

 

Progressivement, il s’agira de redonner à l’Assomption les bases de sa nouvelle existence : démarches d’enregistrement tant de la paroisse que de la Congrégation, conformément à la Loi sur la liberté de conscience et les associations religieuses du 25 octobre 1990[14]. Il s’agira aussi d’organiser la vie d’une paroisse[15] avec une église occupée par d’autres prêtres et d’autres fidèles dépourvus d’église encore aujourd’hui et un troupeau ayant pris l’habitude d’être desservi par le chapelain américain en français et en anglais. Faut-il parler dans ce cas de ténacité, là où il n’y avait sans doute que de la persévérance, de la constance désintéressée, effet d’une grâce d’état. C’est ce que suggère la carte de visite du Supérieur général [16]effectuée à Moscou en février 1998, car les difficultés restent nombreuses. A Moscou, même si la cathédrale de l’Immaculée Conception a été inaugurée le 12 décembre 1999 en présence du cardinal Angelo Sodano, la restitution de l’église des Saints Pierre et Paul piétine et s’enlise, obligeant ses assemblées à se tenir encore aujourd’hui à Saint Louis. Ce n’est pas l’idéal, même si les horaires ont bien été améliorés.

Cette période aura toutefois été marquée  par une certaine avancée. Dans son rapport le P. Maréchal note : « l’église Saint Louis s’est rénovée et embellie. De l’extérieur, le chantier se transporte maintenant à l’intérieur… L’ancien orgue de Saint Maur sera bientôt en place dans une église à l’acoustique parfaite.[17]A l’entrée, es locaux simples mais fonctionnels, facilitent désormais l’accueil des personnes qui sollicitent un service, une rencontre et des groupes qui visitent l’église[18].Et un espace réservé aux prêtres desservants dont le P. Neveu avait toujours rêvé, est construit, faute de ne pas pouvoir disposer de la maison de l’église d’avant la révolution de 1917.

« Grâce à la persévérance des ambassadeurs de France successifs, la restitution d’une spacieuse maison, ancienne dépendance de la paroisse, est une belle victoire. Une fois, effectués les aménagements indispensables, le lycée français devrait s’y installer, permettant ainsi, par le biais de la catéchèse, un contact avec les enfants, les jeunes et leurs familles.[19]

« La paroisse s’étoffe. S’y rassemblent des communautés de diverses langues, donnant ainsi visage à une Eglise catholique universelle[20]… « Notre présence, qui se limitait à un seule religieux en 1991 s’est étoffée : d’une part deux religieux formant un petit noyau communautaire… et d’autre part trois religieuses Oblates… L’espace habitable est aussi plus conséquent :… deux appartements proches de l’église ont pu être achetés et la datcha[21] a pu être aménagée au point que j’ai eu la joie d’en bénir la chapelle, non sans émotion, au cours de mon présent séjour. Nous avons posés les bases de possibles développements futurs si Dieu nous les donne. Espérons que le filet d’eau actuel, mince mais régulier, va continuer et s’amplifier. »

 

Faut-il le rappeler ? La présence de l’Assomption en Russie ne vise qu’à travailler à l’avènement du Règne de Dieu sur une terre évangélisée depuis longtemps, au coude à coude avec d’autres Eglise partageant la même foi, vivant des mêmes sacrements. Il se dégage alors comme une conviction que nous sommes avant tout et uniquement, au service du Royaume, le reste nous étant donné de surcroît. « Ceci affirmé, écrit le Père Claude Maréchal, la garantie d’avenir en Russie, c’est la constitution d’une Assomption russe. Sans elle, nous ne pourrons ni nous maintenir dans ce pays, ni nous développer à moyen et à long terme. Une Assomption russe est la clé de l’avenir. »

Notre présence nous permet donc d’assurer un premier discernement et un accompagnement spirituel pour les jeunes qui veulent bien réfléchir à leur éventuelle vocation à l’Assomption. Cette année jubilaire à plus d’un titre pour l’Eglise et pour l’Assomption nous donne de constater les effets en retour. Aujourd’hui l’Assomption compte un premier frère profès perpétuel, un frère ayant prononcé ses premiers vœux et un frère novice dont la formation a lieu en France. Je ne peux m’empêcher de reprendre à mon compte l’épilogue de l’ouvrage Rome et Moscou du Père Wenger citant le Psalmiste : « Mille ans sont pour le Seigneur comme un jour » : Ce jour viendra. Heureux qui vivra alors.[22]

 

Conclusion

 

Il ne s’agit pas ici de céder à un optimisme béat. Mais j’en ai la conviction, la mission de tant de souffrances et de prières ne peut être illusoire. Notre aventure assomptionniste en Russie, en dépit de sa modestie et de sa fragilité dans l’adversité, a marqué profondément et définitivement la Congrégation. Son avenir ne peut plus se concevoir sans en tenir compte. Et ce n’est pas là un argument fallacieux ou une sorte d’attachement sentimental. Ambition naïve et démesurée, caprice de jeunesse, l’Assomption est entrée en Russie depuis près de 100 ans pour ne plus la quitter, parce qu’elle y fut mandatée par l’Eglise et cela beaucoup plus explicitement qu’on ne l’est d’habitude.[23] Son champ d’apostolat est aussi passionnant que beaucoup d’autres. Reste à savoir comment faire grandir l’intérêt pour la Russie et la faire aimer. Comment transmettre le « feu sacré » du Père d’Alzon pour ce vaste pays et pour ses peuples ? De notre réponse dépend l’avenir et l’enracinement de l’Assomption en terre russe.

 

Père Bernard Le Léannec

Curé de Saint Louis des Français

à Moscou (Russie)

 

donné à Lyon-Valpré 22-26 novembre 2000 – Colloque d’histoire du 150ème anniversaire « L’aventure missionnaire e l’Assomption »


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[1] Ecrits spirituels, Rome, 1956, pp. 1455-1460.

[2] Les deux premiers Assomptionnistes s’installèrent à Pétrograd. L’un était le P. Liévin Baurain, accepté par le gouvernement du tsar comme professeur à l’Académie ecclésiastique catholique de Pétrograd ; l’autre, le Fr Evrard Evrard, sous-diacre, fut envoyé de Constantinople comme son domestique, qui précise dans sa note que « notre entrée en Russie fut due à la Saint Vierge de Lourdes (Pages d’Archives, L’Assomption en Russie, Nouvelle Série : N°3, p. 37) en effet, en 1877, à Lourdes, le P. D’Alzon avait vu dans la guérison miraculeuse de sœur Marie-Rose Favier, le signe de la Sainte Vierge lui donnant l’ordre d’aller fonder en Russie.

[3] De 1903 à 1907. A Saint Pétersbourg, le P. Lievin et le Fr. Evrard, à Vilna le P. Quenard, et à Odessa le P. Maniglier en 1905, le P. Neveu à Makievka en 1907 et à Kiev (1907). Voir Pages d’Archives. L’Assomption en Russie. Les premiers pionniers avant la guerre 1914. Nouvelles série, N° 11, octobre 1959, P. 369 et suivantes.

[4] Jean NICOLAS, Onze ans au Paradis, Fayard, 1958, 298 pages

[5] Antoine WENGER, Rome et Moscou, 1900-1950, Desclée de Brouwer, 1987, 684 pages, traduit en russe ( Москва, Русский путь, 2000, 615 стр.) et Catholiques en Russie d’après les archives du KGB. 1920-1960, Desclée de Brouwer, 1998, 321 pages.

[6] Ainsi, à titre d’exemple, rappelons que le Père Neveu avait demandé au Carmel de Lisieux d’avoir Ste Thérèse comme protectrice spéciale de notre mission. C’était en 1923. Le pape Pie XI la proclamera en effet protectrice spéciale de la Russie par Motu Proprio du 17 mai 1932. Les reliques du nouveau docteur de l’Eglise parcourront toute la Russie durant la première partie de l’année 1998 en commençant par l’église Saint Louis où elles entrèrent triomphalement le 10 mars 1998, portées par les cadets de la garde du Kremlin. (Cf. la revue Thérèse de Lisieux, N° 784 et 791)

[7] Signalons la liste des chapelains américains à Moscou. Le Père Léopold BRAUN (1934-1945 ; Antonio LABERGE (1945-1950), Leo BRASSARD (1950-1953) ; Georges BISONNETTE (1953-1955) ; Louis DION (1956-1959 ; Philippe BONVOULOIR ; Eugène LAPLANTE ; Robert FORTIN -1986) ; Norman MEIKELJHON (1986-1999).

[8] Le premier fut l’espagnol Michel Arranz, sj., le Père Arminjon, oa, un autre Grand Augustin hollandais passé entre-temps à l’orthodoxie et le P. Bonifacius Titel, un bénédictin autrichien. Tous furent reçus à l’Académie ecclésiastique de Leningrad. J’étais le premier prêtre catholique à être reçu à la Laure de la Trinité Saint Serge.

 

[9] J’étais alors frappé par la coïncidence avec les mots du P. Quenard : « Au lever du rideau, le premier devoir des catholiques sera non seulement de leur tendre la main, du geste et de la voix, mais d’aller les chercher directement chez eux, d’établir avec eux un contact permanent et très fraternel ; de bien connaître et reconnaître leurs rites vénérables, qui nous aideront nous-mêmes à retoucher utilement maint détail de notre propre liturgie ; de les gagner à tout prix par notre charité… il faudra des missionnaires nombreux bien convaincus et bien spécialisés dans la connaissance de l’histoire, des langues et des rites des diverses communautés » P. Quenard, Pages d’archives, mars 1959, N°10, 363-364.

[10] Ion BRIA, in L’orthodoxie, Paris, 1979, p. 189.

[11] Il s’agit du Père Jean de Matha THOMAS, à Moscou du 23 mai 1947 à la fin août 1950.

[12] En 1917, la Russie, correspondant à l’archidiocèse de Mohilev, érigé en 1783, comptait 22 décanats, 173 paroisses et près de 500 prêtres. (Ces données sont extraites p. 65 du livre de Laurence BEAUVISAGE, La croix et la faucille. La religion à l’épreuve du postsoviétique, Bayard Editions, 1998, 257 pages).

[13] Cf. Ulysse GOSSET et Vladimir FEDOROVSKI, Histoire secrète d’un coup d’Etat. Moscou, 19 août 1991, JC. Lattès, 1991, 298 pages.

[14] La documentation catholique, 3 mars 1991, n° 2023, p. 234-239.

[15]  Voir Eglise Saint Louis des Français à Moscou, Paris, le Pont Neuf, 1993, 24 pages.

[16] Carte de visite du Supérieur général à la communauté aa de Moscou, février 1998, Rome, 8 pages

[17] Cet orgue sera bénit par Mgr Jean-Louis TAURAN de la Secrétairerie du Vatican, le 29 juin 1998.

[18] Le Père Maréchal déclare dans son rapport : Certes la coexistence de deux paroisses dans une même église n’est pas facile à gérer : il faut allier accueil et fermeté ? Ne pas durcir les différends qui dégénèreraient alors en conflits et en contre témoignages, en référer à l’évêque avant de décider : notre ligne de conduite doit toujours s’inspirer de ces deux attitudes. »

[19]  Au cours d’une visite officielle en Russie, le 25 septembre 1997, le Président Jacques CHIRAC après avoir apposé une plaque sur le futur lycée français s’est rendu à l’église Saint Louis pour une brève visite renouvelant ainsi le geste du Général DE GAULLE de décembre 1944.

[20] La communauté des catholiques vietnamiens

[21] Située à une trentaine de kilomètres de Moscou, cet espace est utilisé non seulement comme lieu de repos et de retraite, mais aussi comme centre spirituel et lieu d’accueil de jeunes. Sur un territoire de 3.200 m2 la maison comprend une vaste chapelle, huit chambres, une bibliothèque, une salle à manger et des salles de rencontres.

[22] WENGER, op. cit. p. 636.

[23] En 1929, le Saint Siège demandait à l’Assomption de songer à former des apôtres pour la Russie.

 

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